Washed Up : parce que la Terre mérite mieux

Si hier le monde entier célébrait l’Earth Day, pour beaucoup d’entre nous, la sauvegarde de l’environnement n’est pas l’affaire que d’une seule journée. C’est notamment le cas d’Alejandro Duran, artiste à l’origine du projet Washed Up.

Basé dans le quartier new-yorkais de Brooklyn, Alejandro Duran est un artiste multimédia d’origine mexicaine. Très attaché à ses racines, il n’a pas pu supporter de voir les déchets du monde entier s’accumuler le long des plages du Mexique, et plus particulièrement sur le littoral de Sian Ka’an, réserve naturelle classée à l’UNESCO. Face à la catastrophe écologique qu’il pouvait observer chaque jour, Alejandro Duran a décidé de créer Washed Up, une série d’installations artistiques visant à attirer l’attention du monde sur le problème environnemental majeur qu’est la pollution des océans.

Un travail de longue haleine

Pendant plusieurs mois, l’artiste a donc relevé ses manches et ramassé un nombre incalculable de déchets plastiques échoués sur les plages de Sian Ka’an ; après les avoir nettoyés et triés par couleurs, il les a assemblés en d’étonnantes compositions monochromes, stratégiquement implantées dans le paysage de la réserve. « Pendant que je mettais Washed Up sur pieds, j’ai pu constater que les débris récoltés provenaient d’une cinquantaine de pays différents, répartis sur les six continents. Des déchets internationaux que j’ai utilisés pour créer des sculptures basées sur la couleur, visant à démontrer la réalité de notre civilisation sur l’environnement : nos poubelles s’infiltrent jusque dans les lieux naturels les moins exposés ; le consumérisme créé une nouvelle forme de colonisation, où même les endroits les plus reculés et les plus pures de la planète ne sont pas à l’abri de l’impact profond de notre culture jetable. »

Des paysages joliment dérangeants

Surréalistes, voire fantastiques, les installations composant Washed Up nous mettent donc face à la dérive de notre société de consommation : simplement posés là comme s’ils avaient été apportés par les vagues, disposés dans le lit des rivières ou prenant la place de racines, d’algues et de fruits, les déchets plastiques amassés par Alejandro Duran forment de magnifiques paysages colorés qui, si on y regarde de plus près, ne tardent pas à faire naitre un certain malaise… De quoi nous faire réfléchir d’avantage sur notre comportement trop souvent insouciant !

Crédit Photo : Alejandro Duran