Le visionnaire Hugh Hefner nous quitte, la pop culture en héritage

Le monde entier à appris la nouvelle du décès de Hugh Hefner. A l’age de 91 ans, il reste considéré par la plupart du globe comme le fondateur d’une marque iconique, souvent décriée, et faussement cataloguée entre magazine érotique et valises sous licence bon marché, affichées en publicité dans les couloirs du métro parisien.

Hefner crée Playboy en 1953 dans sa ville de Chicago, la même ville qui à vu rayonner Kanye, Virgil Abloh, Oprah ou Obama des années plus tard. Une ville qui a connu le crime d’Al Capone et, aujourd’hui, un taux de criminalité toujours plus haut, tout en étant une ville LGBT très ouverte dans une amérique puritaine, un grand écart. Dans cette atmosphère, à la fois créative et border line, il invente sans le savoir le magazine le plus célèbre de tous les temps, connu pour son côté sulfureux, mais aussi ultra créatif, et pour ses articles de grande qualité, parfois rédigés par Arthur C. Clarke, Ian Fleming, Vladimir Nabokov ou encore Margaret Atwood.

Playboy, c’est l’exploit d’attirer en couverture Marylin Monroe en 1953, et de positionner son premier mannequin noir en couverture en 1971,  avant le Vogue US qui ne franchit le pas qu’en 1974. Les couvertures de Playboy sont parmi les plus créatives, twistant son bunny à volonté, confiant sa cover à Warhol en 1986 ou inspirant Keith Haring en 1990. Les photographes ne sont pas en reste avec les participations de Helmut Newton,  Mario Casilli, Suze Randall, Herb Ritts, Stephen Wayda, … En 2014, c’est Kate Moss qui fait le tour du monde sur la couverture du titre.

Le logo du bunny accompagne la fabuleuse et légendaire Playboy Mansion ou Hefner régnait entouré de « ses » bunnies : des femmes blondes magnifiques qui entouraient l’homme d’affaire au quotidien dans un château californien placé sous le signe de l’amusement et du jeu. Décliné de toutes les manières possibles et inimaginables, du produit de grande conso à l’émission TV sur MTV avec Kendra Wilkinson ou avec ses Girls Next Door, ce logo séduit autant les classes populaires que les plus pointus des acheteurs. Avec Coca Cola, Mc Donald et peut être Ikea, Playboy est la seule marque a pouvoir faire le pont entre les classes en conservant une image aussi forte : les produits dérivés sont légion, dans le mass market comme dans le luxe, et la marque n’échappe pas à la hype.

L’une des pièces les plus iconiques de Supreme est siglé Playboy. On la retrouve sur les épaules de nombreux artistes dont récemment Travis Scott. Ce varsity rouge ou noir porte sur le coeur le fameux bunny, ainsi que dans le dos, la marque Supreme surplombant le logo. Les collaborations avec le new yorkais du skateboard ne s’arrêtent pas là.

Coup de tonnerre, aussi, lorsque Beyoncé balance son clip 7/11, dansant dans sa collab Joyrich x Playboy, évidemment sold out en quelques minutes.

Loin des affaires depuis quelques années, Hugh Hefner est l’un des derniers génies du pop art, bâtissant un empire de l’entertainment avant MTV, ouvrant des portes avant Vogue et consort, et rassemblant les publics autour d’un symbole commun, un chaud lapin orné d’un noeud papillon, et la volonté de lier culture et érotisme, popularité à élitisme, en créant un mythe.

Une chose est sure, ce décrié lapin Playboy à du chien, et ca n’est pas prêt de s’arrêter.

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