Tiga pour TRENDS : « J’aimerai collaborer avec Young Thug ! »

Le 4 mars, l’artiste canadien Tiga réalisera son 3ème album, « No Fantasy Required ». De passage à Paris, le producteur – l’un des plus talentueux du Monde – s’est prêté au jeu de l’interview avec TRENDS. Sans langue de bois, il raconte a sa manière ses influences et sa vision du Monde, avec notamment une vision précise de Paris et de la France « Les français ont des problèmes, ça fait un moment qu’ils ont des problèmes. ». Il avoue aussi vouloir collaborer avec Young Thug, Jammie XX ou encore Abra. Une interview pour mieux connaître l’un des DJ les plus importants de la scène mondiale.

TP : Vous avez commencé par organiser des rave party, fondé l’un des clubs les plus selects de Montreal … quand avez vous réellement commencé à faire de la musique ?

T : C’est dur de s’en souvenir, c’est si lointain… J’ai crée tous ces projets pour m’aider, j’ai construit des choses pour me laisser une chance. Quand j’ai commencé a faire DJ j’étais très jeune, j’étais un enfant,  personne n’allait me donner du travail donc j’ai commencé à organiser mes propres soirées, et je me suis engagé en tant que DJ.

TP : Quelles sont vos principales influences musicales ? Je sais que vous aimez beaucoup Depeche Mode …

T : Oui c’est ça. Enfin je ne sais pas, la définition de la musique électronique est si large aujourd’hui… Après 20 ans, 30 ans, quasi tout est devenu de la musique électronique. Tout est fait avec des ordinateurs et des synthés. J’ai eu des influences quand j’étais plus jeune, la musique des années 80 à eu beaucoup d’effet sur moi, car j’étais très jeune et quand on est jeune on tombe plus facilement amoureux et ces choses restent avec toi pour toujours. Puis dans les années 90 j’ai adoré la techno. J’imagine que les années 2000 ont été une bonne combinaison des deux. Au final tout est influence.

TP : Pour vous tout est influence ?

T : Je pense que c’est le cas pour tout le monde.  On ne le sait pas.  Mais tout passe dans le cerveau et au final tu ne prend même pas la décision, c’est ce dont tu te souviens qui le fait. C’est l’inconscient. Tu ne prends pas les décisions qui sont importantes.

TP : Vous ne prenez pas les décisions qui sont importantes ?

T : Non. Pense à tes rêves : tu ne décides pas de ce qu’il se passe dedans. C’est un alliage de plein de trucs, il peut y avoir ta mère avec un dragon dans un coffee shop et toi sans pantalon, je pense que tout est un peu comme ça. Nous essayons tous de donner du sens à ça mais c’est trop gros, c’est trop.

Dès que vous allez dans le cerveau…. je ne vais pas en parler car mes amis me disent que je le fais trop, je suis addict aux conversations qui tournent autour du cerveau, il y à tant de choses à dire dessus…  Mais c’est trop simple de dire que nous prenons les décisions.

Quand je fais de la musique, si j’arrête de penser, que je me fais confiance si j’arrête d’essayer de contrôler et que je me tais quelques choses de fou va arriver, et si je me laisse aller ça va marcher.

TP : Faire de la musique c’est comme rêver ?

T : Quand ça marche, oui. Dans mon scénario idéal, je pourrais faire tout ça quand je rêve, et la journée je pourrais faire plein d’autre choses comme jouer au foot, manger, ect …

TP : Vous avez été durant la dernière décennie l’un des plus gros vendeurs de disque au monde, que pouvons nous vous souhaitez pour la décennie à venir ?

T : 10 ans je ne sais pas …. 10 ans passent si vite maintenant. Encore plus de choses comme ça j’imagine.

Pour quelqu’un comme moi c’est bizarre car lorsque vous avez une longue carrière vous vous demandez pourquoi je suis encore dans une pièce à parler de ma vie avec quelqu’un que je ne connais pas ? Je ne l’ai pas assez fait ? Pourquoi je continue a faire ça ? Est ce que je deviens fou ? Est ce que tout cela à un sens ? Il y à quelque chose qui ne va pas dans ma vie ? Parfois je pense des choses comme ça … et  je d’autre fois je  me dit « wahou c’est incroyable, c’est le succès, tu es toujours là, les gens s’intéressent encore à toi ! » Mais je pense que tu plus tu vieillis, plus il est difficile de ne pas regarder tout ça avec un œil plus philosophe.

Mais tu me demandes dans 10 ans… au rythme auquel je vais, je pense que je vais être de plus en plus satisfait et de plus en plus détendu… même un peu trop détendu.

TP : Vous pensez que l’on peut ressentir ça dans votre musique aujourd’hui ?

T : J’espère que non ! Ce n’est pas dans mon intérêt professionnel.. je ne fait pas de reggae. Non mais la chose de l’inspiration et les rêves, c’est un gros cliché au final. J’ai entendu tellement d’artistes dire que ça arrive dans la nuit, ect… mais moi c’est vrai, mais ce n’est pas les symphonies de Mozart non plus … mais les choses m’arrivent et je les laisse juste passer.

T P : Seriez vous intéresser par une collaboration avec un autre artistes aujourd’hui ?

T : Oui bien sur

TP : Qui en particulier ?

T : J’aime beaucoup ce mec .. Young Thug, je l’aime beaucoup. J’aimerais bien travailler avec le monde du hip hop… j’aime le style ça m’intéresse, j’aime la musique. Une fille, « Abra », aussi.. Jamie XX aussi… Je suis plus intéressé par les gens, si les personnes sont des personnes intéressantes et plaisantes. J’aime penser que si la rencontre est belle, il en découlera de bonnes choses.

TP : S’il y a un trait commun entre vous…

T : Oui, je suis trop loin aujourd’hui pour sacrifier du temps pour des personnes que je n’apprécie pas. Enfin, si c’est un énorme hit, si ça me garantie beaucoup d’argent. Je pourrais passer la journée avec quelqu’un que je n’aime pas pour … 50 000 dollars, avec un maximum de 3 jours.

TP : Que pensez vous de la nouvelle scène électronique ? Tous ses symboles .. ?

T : Les symboles ? Je ne pense pas que ce soit de la mode. Le positif est que je pense que ces gens s’amusent énormément. Je le pense sincèrement. Je pense qu’ils aiment la musique, qu’ils aiment faire la fête, ils aiment faire s’amuser les gens, et je pense que les gens qui les regardent passent un excellent moment. Et je pense qu’ils rentrent tous chez eux, avec certains qui ont choppé des filles, d’autres qui ont pris des drogues, qu’ils rentrent chez eux en se disant que la soirée a tout déchirer. C’est l’une des choses les plus importantes je pense.

Le point négatif est que je pense que c’est vulgarisé. Ca devient quelque chose de trop commun. C’est comme les livres. Tu sais les livres qu’on vend dans les relais d’aéroport, comme 50 shades of grey, c’est trop moyen, y’a pas de piquant, rien n’est bizarre, c’est lambda. C’est trop moyen, mais c’est mon problème, je suis un outsiders.

Tu sais c’est comme un politique, c’est pas le mec qui fait 10 % qui va gagner. Eh bien je suis ce mec là. Je n’ai pas les traits communs, les tatoos, ect … C’est bizarre avant quand tu disais je suis DJ les gens disaient « WAOU ! » Aujourd’hui c’est devenu , ah t’es DJ ? ok – un peu comme tout le monde.

La plus grande différence est que moi quand j’ai commencé, personne ne se disait qu’être DJ ça pouvait être une carrière. Il n’y avais pas de but commercial au départ. On ne pensais pas à ça. On ne pouvait pas se dire « je suis vais être célèbre » car cela n’était pas possible. Ce n’est pas comme si j’avais dit a mes parents «  ah je vais être DJ vous allez voir » non il n’ y avait pas de but de carrière ce n’était pas possible. C’est arrivé après, tout ça. Et je pense qu’aujourd’hui quand tu as 17 ans tu te dis peut être « je vais être DJ , je vais être célèbre », c’est une grosse différence de mentalité pour commencer quelque chose.

TP : Vous pensez que tout cela est arrivé à cause d’internet ?

T : Non je pense que c’est juste la popularité de la musique électronique. C’est normal car tout le monde sait que c’est un produit incroyable. Nous le savons tous, nous sommes tous les mêmes on adore devenir dingue le soir, rester éveillé toute la nuit et faire la fête. Quand on a commencer les raves, on s’est tous rendu compte que c’était la meilleur chose, c’était l’évolution de la fête. La raison pour laquelle il y a tant de gens aujourd’hui qui veulent faire ce métier c’est parce que tout le monde aujourd’hui veut aller a ces soirées. Il n’y a pas de barrières.

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T P : Vous avez probablement visité tous les pays du monde aujourd’hui…

T : Pas la Norvège …

TP : Quel est l’endroit que vous avez préféré ?

T : J’adore Tokyo, C’est vraiment cool, très inspirant, je ne sais pas si tu es déjà aller la bas ?

TP : Je connais bien, J’ai vécu là bas un an …

T : Eh bien tu vois ce mouvement tout le temps, tu ne t’ennuie jamais tu es toujours émerveillé, excité et inspiré. J’adore Barcelone, Tel Aviv.. J’adorais paris avant… jetais amoureux de cette ville.

TP : Et vous n’aimez plus ?

T : Paris est un peu bousillé

TP : Par quoi ? Les personnes ? Les mentalités ?

T : Non, il y a un vent noir sur Paris… ça fait un moment, ce n’est pas à cause des attentats que je dit ça mais je pense qu’il y a quelque chose… Aller je vais le dire même si je ne devrais pas : les français ont des problèmes, ça fait un moment qu’ils ont des problèmes. Et même si ce ne sont pas les seules dans le monde a en avoir, je pense que la manière dont ils gèrent leurs affaires à besoin de quelques changement. Ils ont persévéré dans leur voie pendant un long moment et aujourd’hui c’est comme le temps d’en payer le prix.

Enfin je pense que moi, comme plein d’autre gens, j’étais vraiment content quand je devais aller à Paris, mais maintenant je ne sais pas, il y a quelque chose. Je ne sais pas quoi mais quelque chose. Et c’est triste car c’est probablement la plus belle ville du monde. C’est une ville tellement belle, j’ai certains de mes plus beaux souvenirs ici et d’ailleurs même si un grand cliché, Paris est vraiment romantique.  C’est vrai, j’ai écrit tellement de chanson a paris, je marchais le long de la rivière et je marchais à travers les lumières et j’avais vraiment de très belles idées.

Et plein de chose très personnelles qui sont des clichés, mais vrais. Ces choses sont encore là mais il y a quelque chose de OFF mais ça arrive toujours partout, les villes vivent, les villes respirent, et il est arrivée pas mal de sales trucs ici, donc c’est là.

TP : Vous êtes un sensible.

T : Non pas vraiment.

TP : Vous ne sentez que les villes ?

T : Ahah ! Non je suis un mix étrange, mais on est tous un peu sensible enfaite, mais moi.. non. Enfin …  Je pense beaucoup, et je suis souvent seul donc j’ai le temps de réfléchir à ce que l’on pense de moi.

TP : Pour terminer que pouvons nous vous souhaiter ?

T : Le bonheur !

TP : Et bien on vous le souhaite !

Tiga – No Fantasy Required

Disponible le 4 mars

iTunes – http://po.st/nfritunes
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Spotify – http://po.st/NFRSpotifySampler
Bandcamp – http://po.st/nfrbandcamp

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