Interview – Trends rencontre De La Romance

Dans sa musique jusque dans ses clips, De La Romance recherche la grâce, provoque l’émotion et titille le sentiment. Le rythme est des plus lancinant, les mélodies appellent à l’ailleurs, à l’évasion. Et si les clips nous emportent définitivement de par leur esthétisme et la qualité de leur photographie, l’effet reste pourtant identique lorsque l’on ferme les yeux.

TRENDS a interviewé Vincent Girault, l’homme derrière De La Romance, projet suave et subtil aux évocations sereines et poétiques, dont le LP éponyme est disponible depuis le 5 octobre et en vinyle depuis le 20 novembre.

Bonjour Vincent Girault, peux-tu te présenter en quelques mots pour Trends Periodical ?

Cher Trends Periodical, je suis Vincent, musicien, artiste peut-être, poète sûrement.

Tes compositions revêtent quelque chose de sensible, d’aérien, d’érotique aussi. Comment définirais-tu ta musique ?

Je suis toujours surpris d’entendre que ma musique suscite quelque chose d’érotique. Vous n’êtes pas le premier à me le dire, apparemment De La Romance offre de belles plages musicales pour accompagner les ébats amoureux. Plus sérieusement, je recherche une forme de grâce et de pureté dans la musique.

Comment se passe le processus de création ? L’idée de base, elle vient d’où ?

Contrairement à toute idée de base qui serait donc préconçue et guiderait la construction des chansons, je me laisse avant tout porter par le « fluide » du moment. C’est plutôt dans un second temps, au moment de l’arrangement que le processus devient plus rationnel. Mais de manière générale, je veille à garder une forme de douceur, de transparence et d’authenticité dans ma musique.

Tes inspirations justement, qu’elles soient musicales, photographiques ou cinématographiques, tu peux nous en parler ?

Volontiers. Que ce soit dans la photo, la musique ou le cinéma, j’aime les choses sensibles et délicates, avec une forme de raffinement, que ce soit esthétique ou poétique. Quelques coups de coeur français: les clichés de jeunes photographes tels que Manu Fauque ou Camille Froment, le cinéma de Céline Sciamma, la musicalité de Chassol ou Paradis, les livres de Christian Bobin.

Tes clips sont toujours très poétiques, accordés à une musique douce et planante. On remarque beaucoup de lenteur, d’espace. J’imagine qu’ils ont une importance

particulière.

Les clips sont une merveilleuse vitrine du projet. Pour l’auditeur-spectateur, c’est une manière immersive de rentrer dans le projet, tous les sens en éveil … Je m’estime particulièrement chanceux d’avoir croisé tant de réalisateurs talentueux prêt à servir ma musique.

Il t’arrive parfois d’imaginer une image avant la musique ?

Comme je vous disais précédemment, je ne réfléchis pas trop la musique. À défaut d’avoir une image en tête, ce serait plutôt un sentiment, ou une situation, un couple en haut d’une falaise, un moment de quiétude auprès d’un lac …

En parlant de ça, comment choisis-tu les réalisateurs ? 

J’ai travaillé en amont avec la plupart. Par exemple, avant de se lancer dans l’aventure des time-lapse pour le clip de As We Feel, j’avais collaboré avec Laurent Pratlong sur un film d’art intitulé « Water Pixels » (900 glaçons colorés pour reproduire la peinture « A Bigger Splash » de Hockney).

Dans De La Romance, il y a évidemment… de la romance. Tu n’as jamais un peu envie de violence ? 

Si bien sûr, le paradoxe, c’est que je viens de la violence. J’ai longuement joué de la batterie dans un groupe de post-hardcore « Altess ». Idem avec « The Electronic Conspiracy » qui était plus dark et trash. Mais je pense que pour De La Romance, la violence sera toujours contenue, tamisée, feutrée …

Si tu devais, demain, mettre en musique un film déjà existant, ce serait lequel ?

Waoo, pas évident, je pense que de mettre en musique le film Electroma des Daft Punk doit-être assez jouissif, idem pour Under The Skin de Jonathan Glazer.

Tu fais ta release party le 9 décembre au café de la presse. Quelle est la promesse de ce live ?

Le début d’une nouvelle aventure pour De La Romance, je l’espère. Pour l’occasion, en plus de la projection des clips à la manière d’un ciné-concert, je travaille d’arrache-pied à la réorchestration de mes morceaux sur un format 100% electro et uniquement instrumental. Ça va être une forme de « homo ex machina », une expérience visuelle, mystérieuse, mais chaleureuse et dancy.

Merci !

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