Dehmo : « Éthologie, c’est tout ce que j’ai vécu. C’est un peu ma carte d’identité. »

TRENDS a eu le plaisir de s’entretenir avec l’ex-membre de la MZ, Dehmo, à quelques jours de la sortie de son premier projet solo. On a parlé musique, on a parlé amour, on a parlé mode, et surtout, on a bien ris. Découvrez l’intégralité de l’interview et en exclusivité le clip du titre « Rose »,  le tout nouvel extrait « d’Éthologie » prévu pour le 23 juin et à pré-commander juste ici.

TRENDS : Bonjour Dehmo, merci d’avoir accepté cette entrevue pour TRENDS periodical, on se retrouve pour parler de ton premier EP solo, « Ethologie ». Mais pour ceux qui ne te connaissent pas, peux-tu nous dire qui est Dehmo ?

Dehmo : Dehmo c’est un jeune rappeur de Paris, Paris Sud, du treizième, qui a commencé en groupe, notamment avec la Mafia Zeutrei, et qui a entamé sa carrière solo en Décembre, enfin début 2017 officiellement.

Justement après la dissolution de la MZ, tu t’es fait un peu discret, t’as sorti ton projet solo un peu plus tardivement que Jok’AIR ou Hache-P, est-ce que la séparation t’a donné envie d’arrêter ou au contraire tu t’es dit « je vais me retirer pour revenir en force après » ?

Je me suis dit que ce qui était clair dans ma tête c’est que j’allais continuer mais j’ai eu besoin de me retirer parce-que ça parlait beaucoup. J’ai eu besoin de faire un petit point sur moi-même, parce-que c’était une opportunité, c’était pour étudier toutes les possibilités, comment je voulais revenir, comment je voulais faire tout ça… Est-ce que j’étais vraiment prêt à assumer ? Et voilà donc ça s’est posé, et on est revenus le 17 Février exactement avec le titre « Désolé », date à laquelle aurait dû sortir l’album « Mafia Zeutrei ». Voilà, c’est là que tout a commencé.

Donc ça a plus été une porte qui s’ouvrait, une opportunité de faire quelque chose de différent plutôt qu’un échec ?

Ouais, on va dire qu’on prend chaque épreuve qui vient en essayant d’en tirer le bon côté, et je sais faire de la musique, je kiffe ça, fallait que j’en fasse, c’est juste que ça n’allait plus se faire avec mes ex-collègues. C’est plutôt une aventure qui continue, ce n’est pas une fin. C’est la fin d’un groupe mais le début d’un mec en solo. Et ce mec là c’est moi, cette fois-ci, c’est moi le héros de l’histoire (rires). J’essaie de créer ma p’tite histoire, de faire un « p’tit truc bien ».

Donc justement ce « p’tit truc bien » c’est ton EP « Ethologie », est-ce que tu as des attentes ou des appréhensions particulières pour ce nouveau projet ?

Je veux juste donner un projet à ceux qui m’ont attendu et avancer avec. Parce-que je ne peux pas me permettre que de balancer des extraits sur extraits, j’avais vraiment envie d’essayer de construire un truc, et faire un premier pas, et un projet solo, pour moi c’était le bon moment. J’ai juste envie de faire découvrir ma musique au maximum de personnes en réalité.

Est-ce que dans « Ethologie » t’as essayé de rester celui qu’on connaissait au travers de la MZ où est-ce qu’on va découvrir un nouveau Dehmo, une nouvelle facette de toi ?

Je pense que ça rentre aussi bien dans la continuité que non finalement. Je pense que ceux qui m’ont écouté dans la MZ peuvent voir qu’il y a une évolution, et pour ceux qui me connaissent pas c’est comme s’ils me découvraient. Même moi j’avais pas fait de titres en solo, je me suis un peu découvert au travers de tous ces titres, donc c’est autant une découverte qu’une continuité.

T’as lâché il y a quelques mois le titre « Désolé », dans lequel tu exprimes un certain regret face à la situation, mais en même temps tu dis « on a fait tout ce qu’il fallait », est-ce que c’était en quelques sortes ta lettre d’adieu à la MZ ?

Franchement on peut l’interpréter comme on veut. Ce son je l’avais écrit bien avant , et c’était pas censé être en rapport à la séparation mais bon on peut l’interpréter comme on veut. Peut-être que toi t’es sortie avec ton ex et vous avez fait tout ce qu’il fallait tu vois, ou dans n’importe quelle relation, à la fin tu dis « Ok, c’est cool, on a fait ce qu’il fallait, au revoir ! ». Ça peut être interprété n’importe comment, ça dépend juste de ta vie, ta situation, ça dépend de ce que tu vis. Et moi c’est vrai que le timing il était tellement bien choisi que ça a été ramené à ça, alors que si ça se trouve je parlais de mon ex (rires), mais vous ne saurez pas, je vous laisse dans le mystère.

Alors « Ethologie » pour ceux qui ne savent pas c’est la science qui étudie le comportement humain et animal, pourquoi l’avoir appelé comme ça ?

Ben car c’est une très grande introspection ce projet. C’est tout ce que j’ai vu, tout ce que j’ai vécu, là où j’ai vécu. C’est mon évolution. Je raconte ce qu’il se passe, ce que je vois, ce que j’ai interprété. Je vis à Paris, dans la cité Chevaleret plus précisément, et voilà quand je regarde, je me dis que ton évolution dépend de là où tu vis, et moi c’est mon évolution. Si j’avais vécu en Afrique dans un pays super pauvre, ou si j’avais vécu à Miami je pense pas que j’aurais eu cette façon de penser. Si j’étais né au Japon je pense pas que j’aurais eu la même mentalité, j’aurais pas la même coupe, j’aurais pas les mêmes fringues tu vois ? Donc voilà je suis devenu ce que je suis par rapport à l’endroit où j’ai vécu. Et c’est en même temps une découverte pour ceux qui me connaissent pas, d’où le nom « Ethologie ». C’est un peu ma carte d’identité, avec plus de détails, que les yeux marrons ou la taille par exemple (rires).

Dans tes titres on retrouve quand même une atmosphère assez sombre, un petit peu à la Damso, quelles ont été tes inspirations ?

Ben Damso – Dehmo, ça commence par un « D », ça finit par un « O » (rires). Non ouais, Damso son projet il est sombre, mon projet on dit qu’il est sombre mais moi je vois plutôt de la lumière dans cet EP. C’est quelqu’un qui raconte des choses mais qui veut s’en sortir en réalité. Je veux pas rester dans ce côté noir, s’il y a un côté noir, ça veut dire qu’il y a forcément une lumière, et c’est cette lumière que je veux amener. Je pense que mes textes sont un peu crus, un peu vrais, pour refléter la réalité des choses, pour savoir où est-ce que je vais. Si je suis au fond du trou, ben il n’y aura pas d’autres chemins que celui de la lumière. Il y a que la lumière qui t’indique là où tu peux aller, je pense que c’est plus ça ce projet. Dans ma nature, je suis vrai, quand je parle, je parle sérieusement mais c’est toujours avec une pointe d’optimisme. Mais avant d’être optimiste je veux dire les choses vraies, et là après on ira où on veut aller.

Le thème qu’on retrouve assez souvent dans tes morceaux c’est bien sûr l’amour, et les difficultés que tu as à donner ton attention et tes sentiments à une fille, est-ce que ça serait pas justement car ta femme, ta priorité, et celle qui occupe ta vie, c’est la musique ?

Ouais, c’est exactement ça. Ma priorité c’est vraiment la musique, et je me suis mis dans la musique car c’est ce que je kiffe, c’est ce que je maitrise le mieux et les histoires avec les femmes c’est … Je suis un peu con quoi. J’y arrive pas vraiment. J’arrive pas à donner cette attention, pourtant j’suis tombé sur beaucoup de femmes qui le méritaient mais j’ai fait le con, parce-que j’ai trop la tête à la musique, ou alors je suis trop lâche pour y aller pour de vrai. Mais en tout cas mon excuse c’est ma musique, et je me suis retranché dans ça. Et parler d’amour, tout ça, quand je regarde mes histoires, c’est beaucoup moi qui ai fait le con. Et c’est pas des histoires de tromperies classiques, c’est juste l’histoire d’un mec qui s’en fout quoi, il s’en fout il donne pas assez d’attention. Après peut-être qu’il y en a une qui va arriver qui va bousculer tout le programme et qui va me transformer en mec hyper attentionné, ça serait super bien, en tout cas je l’attends. C’est pas si simple pour moi. Même s’il y avait pas la musique je suis le genre de lâche à trouver une autre excuse, après peut-être que je suis pas tombé sur la bonne. J’aimerais bien tomber sur cette meuf et en même temps non, parce-que ça voudra dire que je vais changer… Donc si je trouve une meuf qui me donnera envie d’être toujours derrière elle mais en même temps rester moi-même ça serait cool.

Il y a une deuxième femme à qui tu fais souvent référence dans tes textes, c’est ta maman. On sent que vous avez traversé des épreuves qui t’ont forgé, que vous êtes très solidaires, c’était important pour toi de lui rendre hommage dans ce projet ?

Ma mère ! Ma mère, la meilleure du monde ! S’il y en a une qui lui arrive à la cheville… Ahalala, elle aura tout gagné ! Je suis pas un fils à maman non plus, mais c’est vraiment la femme que je considère le plus au monde, pour qui je me sacrifierais, et il y a peu de gens dans la vie pour qui je me pourrais me sacrifier. Tu te rends compte que t’aimes vraiment une personne quand vous vous prenez en photo ensemble, et la première personne que tu regardes c’est elle, et pas toi, c’est bizarre, c’est simple, mais tu te rends compte que tu l’aimes plus que tu ne t’aimes à toi. Et ça se passe souvent avec ma mère ou avec ma nièce, c’est les femmes de ma vie, c’est la famille. Ma mère c’est ma partenaire, moi je suis son petit partenaire et les rôles sont en train de s’inverser, j’attendais ça depuis longtemps de pouvoir m’occuper d’elle, pas parce qu’elle en a besoin mais juste parce-que maintenant je peux. Je kiffe pouvoir m’occuper d’elle. Quand elle dit qu’elle veut aller au bled, je kiffe pouvoir lui payer le billet direct. Bon je kiffe pas quand elle me dit accompagne moi le dimanche matin à l’église, mais je kiffe lui prendre un Uber pour qu’elle aille à l’Eglise tu vois (rires). C’est l’histoire classique de la maman et du fils qui a grandi sans papa, qui ont traversé des trucs et qui ont pas eu de situation stable, et ils se connaissent tellement bien qu’ils se soutiennent dans toutes les situations, à la vie à la mort. Elle fera toujours partie de ma vie.

Et de ta musique aussi pour le coup ?

Ouai on va la laisser en dehors de ça… (rires). Non, j’espère que le plus beau morceau de ma vie sera celui dédicacé à ma mère. Elle me connait mieux que mes potes, elle a changé mes couches, là je fais le grand avec la barbe tout ça, mais quand je chialais étant petit, je pleurais pour un grec, je faisais mes p’tits caprices. Elle m’a vu sous des états que personne n’a jamais vus (rires).

Sur tes sons on retrouvera des collab’ avec Marlo, Hache-P et Niksa, ça te tenait à cœur de rester fidèle à ta famille et ton univers ?

« Ethologie » encore une fois, ces mecs là que ça soit Hache-P ou Marlo, ils ont toujours fait partie de ma vie, on se connaît depuis qu’on est tout petits, et je voulais m’amuser en même temps en faisant ce projet, je voulais prendre du plaisir et j’aurais pas pu prendre de plaisir si je ne les avais pas invités. Je ne voulais pas qu’il y ait que moi dans le projet, et ces deux personnes là, il fallait qu’elles y soient et j’ai voulu m’ouvrir un peu avec Niska. Ça collait très bien avec lui, j’ai un très grand respect pour ce mec, pour tout ce qu’il a traversé ces années et puis on se connaissait sans se connaître vraiment. Donc voilà c’est la logique des choses qui a fait qu’ils sont sur le projet et ils ont archi bien fait le « taff », donc c’est cool. Je suis content de mon projet et j’ai vraiment hâte de le faire écouter au public parce-que je me suis vraiment amusé dessus.

Penses-tu déjà à des noms avec qui tu aimerais collaborer dans le futur ?

Ma mère ! (rires) Non je rigole ! Ça vient, ça part, je pense toujours au futur. Là peut-être que je suis déjà en train de bosser sur un autre projet, je pense toujours au futur mais on va dire que c’est en suspens. Je me concentre d’abord sur ma musique avant de penser avec qui je vais collaborer, et dès que le moment se présentera, si j’ai envie de faire quelque chose on va essayer de le faire. Mais pour l’instant je suis concentré sur ce petit bijou qu’est « Éthologie », même si je garde un petit œil sur le futur.

Tu sais que TRENDS est un magazine de mode et sneakers, et on a l’habitude de te voir toujours bien sapé dans tes clips, alors on aimerait savoir quelles sont les marques fétiches que tu portes au quotidien ?

J’ai pas de marque fétiches, moi ce que je kiffe c’est me balader et dès que je vois un truc qui me plait je le prends. Je m’en fout que ça soit une grande marque mais je kiffe les habits. Je suis comme une meuf en vrai, mais je vais pas sortir pour aller faire du shopping, c’est pas mon délire. Je kiffe par exemple quand je me promène et que je tombe sur un truc que je trouve lourd ben là je vais le prendre. Je sais pas pourquoi, je sais pas quelle marque ni quand je vais le mettre mais juste qu’ il est beau et du coup je l’achète. Après j’essaie de les placer au mieux et merci si ça colle, mais peut-être qu’un jour je vais venir habiller comme un fou et que tu vas me dire c’est quoi ce style ?! (rires) Mais c’est pas grave tu vois, ça fait partie de moi, quand tu t’habilles c’est pour toi. C’est mon petit côté narcissique, j’aime mettre de beaux habits mais je m’en fiche de la marque.

Et si tu devais nous citer des paires de sneakers qu’on pourrait trouver dans ton dressing quelles seraient-elles ?

J’ai toujours eu mes deux paires de Timberland, les noires et les classiques beige. Après je vais mettre que du Nike! Les Air Max pour mes concerts c’est bien parce-qu’ on bouge beaucoup sur scène ! (rires) Donc je reste dans le classique, et si je tombe sur une belle paire dans la rue, que ça soit Adidas, Reebok ou Coq Sportif, si elle est vraiment belle je la prends direct ! C’est ça la liberté ! C’est de ne pas être cantonné chez Nike, ou chez Adidas et de pouvoir prendre tout ce que tu trouves et tout ce que tu kiffes.

Pour finir Dehmo que pouvons-nous te souhaiter pour la suite ?

Le meilleur. Et une bonne santé. Et je vous le souhaite à vous aussi. Même un mec qui va marcher dans la rue, je ne connais pas sa vie, je sais pas ce qu’il kiffe, mais j’espère qu’il va être heureux. Je souhaite à tout le monde d’être heureux, et j’espère qu’on me souhaitera la même chose.

On te remercie encore et on espère que ton public kiffera autant que nous « Ethologie » qui on le rappelle, sera dispo dès le 23 juin et en pré-commande.

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