Découverte : GEoRGiA

Passé presque inaperçu cet été, la jeune anglaise Georgia Barnes sortait son premier opus éponyme chez Domino. Forte d’une culture de multi-instrumentaliste et bercée dès la naissance par le bouillon culturel anglo-saxon, Georgia a très tôt nourrie sa passion en faisant appel au hip hop, le dub, le reggae, la grime ou encore l’électro. Et c’est donc tout simplement que son premier opus prend la direction et la forme d’un travail soigné et exécuté avec la minutie d’un maitre d’œuvre. Véritable touche à tout, Georgia n’a visiblement rien à envier à certains de ses pairs, puisque son bagout lui a très vite permis de rassembler autour d’elle tout une collection de talents près à l’aider. Et si elle signe ses productions et ses lyrics, c’est pour mieux garder sous contrôle sa direction artistique générale.

Premier coup de semonce : Move Systems

Move Systems est un coup d’envoi percutant et puissant, exprimant toute la créativité de la jeune artiste. Assise derrière sa batterie (un instrument qu’elle a joué pour Kate Tempest ou Kwest) Georgia s’offre une entrée en matière, dénonçant la société de consommation et s’applique à exploiter un style à mi-chemin entre M.I.A. et The Knife. Deux parrains artistiques qui ont décidément bien secoué le berceau de l’anglaise, puisque son ambition avéré avec Move Systems et de faire « bouger » les corps tout autant que les systèmes qu’elle dénonce.

La confirmation : Nothing Solutions

Avec Nothing Solutions, Georgia bascule dans une musique plus hantée et plus cérébrale. Mettant l’électronique à l’honneur, ce titre exploite une construction obsédante et un gimmick formé de basses et de sons portant la lumière sur les combinaisons maniaques dont est capable Georgia. Il s’agit en réalité d’un exercice de style, lui permettant d’offrir à son premier album une pluralité attractive et une véritable identité solide.

L’aboutissement : Kombine

Kombine, c’est un peu la pièce maitresse de l’opus : un morceau électro-bizarre dont le clip dirigé par Weirdcore (déjà aux commandes derrière certains clips de M.I.A. ou Aphex Twin) ne fait qu’amplifier la sensation d’originalité entourant le travail de Georgia. En même temps, quelle autre sensation pourrait émerger d’un titre appelant à l’unité des mondes et combinant des éléments électroniques et quasi-liturgiques ? Un pari risqué mais réussi, résumant à la perfection la force de frappe du premier album de l’artiste !

Stylistiquement parlant, Georgia intervient à un moment fondateur de la pop moderne : si la musique à une fâcheuse tendance à se répéter et à s’imiter, nombreux sont les musiciens n’hésitant pas à placer sur une même piste un nombre grandissant d’influences même si elles sont parfois diamétralement opposées. Comme ses camarades anglais de la jeune génération (James Blake, Ben Khan, Shura, Jungle), Georgia peut se vanter de brasser et de puiser l’inspiration dans un vivier artistique navigant entre les époques, mais également entre les styles. Abattant les frontières, comme les définitions de genres musicaux, elle participe en réalité à l’érection d’un bouillon musical, au sein duquel surnagent les talents comme le sien !

Découvrez son premier LP éponyme, Georgia, juste ici.

 

 

 



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